Tontine de s*xe: Plusieurs lycées cités, voici comment les élèves procèdent, de terribles révélations…

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Dernièrement dans nos colonnes, nous annoncions l’arrestation d’un élève dans un grand établissement privé de la place préservation de l’image, reconnu coupable en tant que cerveau d’un réseau de « tontine de sexe » sévissant dans cette école. Pour en savoir plus, nous avons mené des investigations. Cela nous a permis de découvrir que plusieurs lycées Abidjanais sont impliqués. Les révélations sont troublantes. La tontine de sexe, qu’est-ce que c’est ? Le phénomène faisait rage, par le passé, au Bénin et au Togo notamment. Mais aujourd’hui, la tontine de sexe a pignon sur rue dans plusieurs établissements de la capitale ivoirienne. Des groupes d’adolescents lèvent régulièrement des fonds, qu’on peut estimer à environ 2000 FCFA par jour chacun, dans une caisse commune et à tour de rôle, un membre du groupe utilise cet argent récolté pour entretenir des rapports sexuels avec des filles de leur choix, dans un hôtel ou un endroit de leur choix. L’un des établissements privés les plus populaires d’Abidjan situé dans la commune de Cocody dont nous tairons le nom pour la préservation de son image, a été le théâtre de ce phénomène crapuleux : un réseau de tontine de sexe a été découvert par la police criminelle qui s’est saisie de l’affaire. En effet, un élève inscrit en classe de Première dans ledit établissement a été interpellé. Une source provenant de cette école que nous allons nommer Stone, nous a détaillé les faits. « Les directeurs de l’école avaient déjà entendu parler de ce phénomène. Ils ont plusieurs fois surpris des élèves dans des positions inconfortables. C’est alors qu’ils ont saisi la police criminelle qui a mis en place un système : faire surveiller les discussions et conversations whatsapp des élèves. Cela leur a permis de découvrir le réseau de tontine de sexe qui sévissait dans l’école. Des garçons cotisent de l’argent et chaque mois, l’un d’entre eux est désigné pour sortir avec une fille de son choix avec l’argent gagné. Le comble c’est qu’ils le font avec des filles de l’école », nous a expliqué Stone. L’on serait tenté de croire que ces gamins agissent ainsi par pure fantasme. Mais Michael, un jeune élève, évoque plutôt des raisons économiques. « Quand tu as une petite amie, tu dois l’entretenir à chaque fois, lui donner de l’argent pour ses vêtements, sa coiffure, ses besoins intimes, etc. En bref, elle va te réclamer de l’argent à chaque fois. Mais avec ce qu’on fait, on est assuré d’avoir des rapports sexuels réguliers sans entretenir une femme. Cela revient moins cher et c’est beaucoup mieux ainsi », a révélé Johann, 18 ans, qui explique comment ils procèdent. « On se cotise chaque jour et au moins deux fois dans le mois. Nous sommes affiliés à un réseau de filles intéressées par des parties de sexe contre de l’argent. On prend alors contact avec des filles de notre choix et lorsqu’elles donnent leur accord, on débute les préparatifs par nos discussions de groupe whatsapp. On le fait généralement entre midi et deux ou les soirs à la descente de l’école », a-t-il ajouté. Des discussions avec nos interlocuteurs, nous apprenons que la tontine de sexe existe également sous une autre forme. En effet, des filles réunies en associations, sortent tour à tour avec des hommes fortunés dans le but de leur soutirer de l’argent qu’elles partagent avec le reste du groupe. Cela est récurrent dans un lycée de la commune de Cocody. Nous sommes parvenus à infiltrer un groupe de filles qui ont levé le voile sur leur pratique. « Nous sommes réunies en groupes de 10 filles. Chaque semaine, l’une d’entre nous a pour mission de se faire gentille avec un homme qui a les moyens, lui soutirer de l’argent, au minimum 100 000 FCFA, et de partager cet argent avec le reste des filles. Les temps sont durs. On manque parfois d’argent. C’est la seule façon pour nous d’avoir des petits billets en poche chaque semaine », raconte Raissa, âgée de 17 ans. « Beaucoup de filles le font aujourd’hui dans d’autres écoles. Nous avons des rivales qui le font. Il y a beaucoup de concurrence, donc on doit fournir des efforts, c’est-à-dire se rendre pimpante, et séduire le maximum d’hommes pour avoir plus d’argent, et donc paraitre plus chic », a poursuivi l’adolescente. Si ce phénomène prend de l’ampleur, Lola, une éducatrice, estime que c’est par la faute de certains parents qui, selon elle, lèvent le pied dans l’éducation de leurs enfants. Les parents aujourd’hui sont à la base de ces dépravations. Ils ne suivent pas correctement leurs enfants à la maison. Ils ne leur inculquent pas de vraies valeurs. En plus, ils refusent qu’on gronde ou qu’on punisse leurs enfants à l’école lorsqu’ils sont en faute. Un enfant qui n’a pas conscience que la vie est difficile et qu’il faut se battre pour réussir, ne peut que s’adonner à ce genre de pratiques déplorables », a-t-elle martelé Des pratiques à haut risque… Malheureusement ces pratiques ne sont pas sans risques. Si elles ne favorisent pas la prolifération des maladies sexuellement transmissibles, elles peuvent conduire à des grossesses non-désirées, et donc des avortements, qui pourraient entraîner la mort. On ne cesse de le dire, la jeunesse ivoirienne court tout droit à la dérive. Il est donc important de tirer sur la sonnette d’alarme afin d’emmener les parents à être plus vigilants sur le quotidien de leurs enfants. Joe Midelli