Brexit : Theresa May de retour devant les députés pour présenter son « plan B »

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Une semaine après le rejet massif de son accord de Brexit, la Première ministre britannique retrouve les députés lundi pour leur présenter un autre plan de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Theresa May est de retour dans l’arène. Moins d’une semaine après que les députés ont massivement rejeté l’accord de divorce qu’elle avait difficilement négocié avec l’Union européenne (UE), la Première ministre britannique doit présenter lundi 21 janvier son « plan B » pour le Brexit au Parlement.

À dix semaines seulement de la sortie prévue de l’UE, le 29 mars, la dirigeante conservatrice doit trouver une voie pour éviter à la cinquième économie mondiale une rupture sans accord, synonyme de risques de pénuries, d’embouteillages monstres aux abords des ports et d’effondrement de la livre. Et ce alors que plusieurs groupes de députés ont prévu de tenter de court-circuiter son gouvernement, pour éviter un « no deal » ou reporter la date de sortie.

Le point avec notre correspondant à Londres

Affichant sa volonté de dégager un consensus politique, Theresa May a rencontré au cours des derniers jours des dirigeants de l’opposition, ainsi que de nombreux députés de son parti et des responsables du parti unioniste nord-irlandais DUP, son allié au Parlement. Mais son initiative a fait flop, l’opposition dénonçant son intransigeance et notamment son refus d’écarter l’éventualité d’une sortie de l’UE sans accord.

Selon le Sunday Times, Theresa May projette de proposer un traité bilatéral à l’Irlande, afin de surmonter l’un des principaux points de blocage de l’accord de sortie, la solution dite du « filet de sécurité » (ou « backstop »). Cette disposition, destinée à éviter le retour d’une frontière physique entre l’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord et qui n’entrerait en vigueur qu’en dernier recours, prévoit une union douanière minimale entre le Royaume-Uni et l’UE, avec en sus, pour l’Irlande du Nord, un alignement sur certaines réglementations européennes en matière sanitaires et de taxes.

« Tsunami politique »

Les députés britanniques pourront amender le « plan B » proposé lundi par la Première ministre, avant un débat et un vote qu’elle a fixés au 29 janvier, à deux mois tout juste du Brexit.

Le point avec notre correspondante à Bruxelles

Alors que l’opposition l’a accusée de jouer la montre pour les forcer à accepter son accord, au moins deux groupes de députés transpartisans prévoient de déposer des amendements pour tenter de prendre la main sur le dossier. L’un d’eux veut empêcher le scénario d’une sortie sans accord tandis que le second, mené par le député conservateur dissident Dominic Grieve, viserait à suspendre le processus de sortie de l’UE.

Downing Street a qualifié ces projets d' »extrêmement inquiétants ». Le ministre britannique du Commerce extérieur, Liam Fox, a mis en garde contre le risque de « tsunami politique » si les députés ne respectaient pas le résultat du référendum de juin 2016.

Cependant, pour le député travailliste Hilary Benn, qui préside le comité chargé du Brexit à la Chambre des Communes, ces initiatives ne visent qu’à « trouver une solution à la pagaille créée par la Première ministre ».

« Devenir une médiatrice »

Face à l’impasse dans laquelle Theresa May est engagée, le quotidien The Guardian estime qu' »elle doit soit trouver des alliés, et dans ce cas faire des compromis, ou d’une façon ou d’une autre réinitialiser le processus du Brexit, ce qui exigera encore plus d’audace ».

L’ancien Premier ministre conservateur John Major a tenté de voler à son secours au cours du week-end en lui suggérant d’arrêter de prêter l’oreille aux partisans d’un Brexit dur au sein des Tories pour jouer le rôle de « médiatrice » et de permettre aux députés de voter sur différentes options afin de déterminer quel scénario de sortie de l’UE peut obtenir le soutien d’une majorité.

Il lui a aussi conseillé d’abandonner ses « lignes rouges », parmi lesquelles son refus de rester dans le marché unique, un choix destiné à limiter l’arrivée d’immigrés en provenance des autres pays de l’UE.

Avec AFP