Scrutin du 24 février, Wade est-il celui qui empêchera sa tenue…?

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L’appel de Me Abdoulaye Wade, depuis la France, pour empêcher la tenue du scrutin le 24 février, la mise en place d’un plan d’action et son retour annoncé pour demain mercredi suscitent moult interrogations.

Le Pape du Sopi, qui n’a désigné aucun candidat de l’opposition à soutenir, va battre campagne… autrement. Son objectif est de faire qu’il n’y ait pas d’élection fondée sur des « principes de violation des règles les plus élémentaires de la démocratie ». 

Aussi invite-t-il ses alliés à s’opposer à la tenue d’un scrutin « entièrement fabriqué »,dans le seul but de réélire Macky Sall. Qui a éliminé, entre autres, souligne-t-il,« ses concurrents les plus dangereux, Karim Wade et Khalifa Sall, pour arriver à cinq candidats ».

Que faire face à cet appel du 05 février ? Ses alliés du Front de l’opposition sont-ils prêts à descendre dans la rue ? Ou pour mettre en place « une commission de transition démocratique », en pleine campagne électorale ?

D’aucuns estiment très faible la probabilité de réussite de telles actions. Déjà, les cinq candidats retenus pour la Présidentielle déroulent leur programme. Le troqueront-ils contre la proposition de Me Wade ? Quid de l’avis des recalés au parrainage déjà engagés dans le soutien de leurs pairs présidentiables, Ousmane Sonko, Madické Niang, Issa Sall et Idrissa Seck?  Les esprits sont ailleurs… Tout comme les urgences !

Issa Sall du Pur n’émargera pas dans le sens de son propos. De même que Thierno Bocoum, dispositif important de la coalition « Idy 2019 » qui note qu’en choisissant  Idrissa Seck, Me Wade choisit la rupture.

Mieux, cette opposition qui n’a pas dérangé outre mesure Macky Sall qui lui a dicté ses lois, sans autre forme de procès, ces deux dernières années, peinera à se ranger derrière Me Wade pour un rapport de forces.

L’objectif du leader du Pds pourrait bénéficier d’un improbable concours de circonstances. La non-transparence du scrutin et autres irrégularités constatées pourraient, sans doute, faire rallier à la cause de l’ancien président. Mais qui ralliera ? Le peuple manifestera-t-il sa réprobation dans la rue ? Mystère et boule. Cette donne reste non maîtrisable.

Toujours est-il que vu les appels à l’apaisement émanant de la diplomatie intérieure, avec les nombreux porteurs de voix, la rue et les manifestations ne semblent plus le moyen privilégié sous nos tropiques. Aussi le plan d’actions de Me Wade, annoncé en trois jalons et même dit pacifique et respectueux de la loi ne semble guère avoir le vent en poupe. Car, à dire vrai, il achoppe sur un problème de timing, les esprits étant résolument tournés vers une expression électorale des opinions par les cartes et non par la revendication manifestante.

Mais attendons de voir si, ce mercredi, son retour au bercail, test grandeur nature de l’actualité de sa capacité de mobilisation des foules, pourra faire émerger d’autres idées…