Présidentielle 2019 : la confiance, la grande absente…

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Le vin est tiré, il faut le boire, dit l’adage. Au Sénégal, le contexte ferait dire : la Présidentielle est engagée, il faut la tenir. Certes ! Mais, elle devra l’être sans cet impératif baromètre démocratique qu’est la confiance, principe fondateur de la vitalité d’une démocratie. En effet, la confiance entre les acteurs politiques devant animé cette élection est au ras des pâquerettes, à tel enseigne que l’adversité politique a mué en animosité crypto-personnelle.

Optimiste à l’extrême, le pouvoir laisse béer une volonté de gagner cette joute qui suinte dans l’expression devenue ritournelle chez les leaders de la coalition Benno bokk yaakar (Bby) : gagner au premier tour et traduit ce désir d’envoyer l’opposition au purgatoire. Laquelle, lisant une volonté de frauder dans cette confiance verbalisée du pouvoir, s’arc-boute à sa conviction d’un deuxième tour  inévitable.

Mais, ce qui manque le plus aux acteurs politiques, c’est la confiance en eux-mêmes.

D’abord, au sein de l’opposition où la Plateforme opérationnelle de sécurisation des élections, une initiative du président du mouvement « Sénégal Bou Bess », Me Mame Adama Guèye, vient d’être supplantée par le Pôle des quatre candidats de l’opposition, avec les mêmes objectifs. Ce qui est bavard sur la crise de confiance qui mine les relations entre les adversaires de Macky Sall. C’est dire que bien que partageant leur inconfiance au pouvoir, les opposants n’ont pas non plus confiance entre eux.

Pis, les citoyens qui doivent départager les acteurs politiques ne leur font plus confiance.

Et pour cause, en dernière instance, pour tous les acteurs, la fureur de vaincre l’emporte sur la volonté d’avoir des élections apaisées, libres et transparentes. La parenthèse des échanges sourds entre l’opposition et le pouvoir  n’est toujours pas fermée.

La crise de confiance ou la défiance à l’égard du pouvoir est aussi exacerbée par le quiproquo sur le ou les fichier (s) électoral (aux), l’augmentation du nombre des députés, le système du parrainage, l’invalidation des candidatures de Karim Wade et Khalifa Sall, entre autres réformes que le pouvoir dit consolidantes. Parties de billard, jeux de poker, coups bas et rétention d’informations articulent tous les débats.