Babacar Justin Ndiaye :«l’opposition est un cartel non homogène»

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Babacar Justin Ndiaye estime que le président de la République est dans son rôle en appelant à un dialogue. «L’appel au dialogue lancé par le Président Macky Sall trouve sa place et, surtout, baigne profondément dans les mœurs politiques du Sénégal. Son lointain prédécesseur, j’ai nommé Léopold Sédar Senghor, a été un fervent pionnier du dialogue et de tous les dialogues : politique, culturel, religieux, etc. Aujourd’hui, le Président Macky Sall ne tend pas la main ; il ouvre les deux bras et ratisse large, en brassant dans son invitation des hommes politiques d’horizons divers et de générations étagées. Le geste est formellement bienveillant, mais il n’évacue pas la question de savoir si le président de la République a suffisamment arrosé, au cours du septennat écoulé, le terreau anciennement fertile du dialogue que constitue le Sénégal», signale l’analyste politique.

 Pour lui, la « réponse est non ». «Les passages en force à l’Assemblée nationale, les oukases liberticides, les réponses carrées et rigides du genre « douma ko def » sont encore frais dans les mémoires. Bref, la gouvernance a été durablement placée sous le double signe de la brusquerie décisionnelle et du durcissement jusqu’au-boutiste, pour passer aisément la rampe des cœurs et des esprits. Mais impossible n’est pas politique», explique-t-il.

«Le président Macky Sall doit surmonter ce qui ressemble à une soif de félicitations et une obsession de la reconnaissance émanant de l’opposition. Cette quête apporte de l’eau au moulin de ceux qui doutent de sa victoire ou la prennent avec des pincettes», préconise Babacar Justin Ndiaye.

Il souligne que la déclaration faite hier, embraye sur le dialogue et pousse normalement les acteurs vers une autre perspective. Wait and see ! « D’emblée, on voit mal une passerelle s’installer entre Idrissa Seck et Macky Sall, à l’heure des rafles qui visent les cadres et les militants de Rewmi. Même en dehors des rafles, car ça coince sérieusement entre les deux hommes. Même raideur prévisible dans le camp d’Ousmane Sonko. Avec Abdoulaye Wade, c’est le clair-obscur. Wade ira-t-il dans un conclave aux côtés des socialistes ? Ce ne sera sûrement pas dans un centre de conférences», dénommé « Abdou Diouf ».

Il ajoute que «Toutefois, le destin présidentiel de Karim Wade vaut bien une messe, c’est-à-dire des concessions. Pour le reste de l’opposition, les choses peuvent être plus fluides. Après tout, l’opposition est un cartel non homogène. Elle est bigarrée à l’image de la majorité Bby qui, elle aussi, est composite. Par conséquent, les comportements ne sont pas voués à l’harmonie dans de tels conglomérats. En un mot, l’immobilisme n’est pas politique. Les postures ne sont jamais figées. Et la vocation du dialogue est justement de faire bouger les lignes».