En Syrie, les forces antijihadistes resserrent l’étau sur Baghouz

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Les combats se poursuivent à Baghouz, dans l’est de la Syrie, où les Forces démocratiques syriennes, soutenues par la coalition internationale, continuent d’avancer face aux jihadistes de l’Organisation État islamique.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par les bombardements de la coalition internationale menée par les États-Unis, ont resserré lundi 18 mars l’étau sur l’ultime réduit de l’Organisation État islamique (OEI) à Baghouz, dans l’est de la Syrie.

« Nos forces ont progressé mais les affrontements se poursuivent », a indiqué à l’AFP Jiaker Amed, un porte-parole des FDS. « Nos forces ont pris le contrôle de plusieurs bâtiments (de l’OEI). Elles ont continué de progresser ce (lundi) matin et encerclent désormais Daech depuis trois axes, le quatrième étant le fleuve » Euphrate, a précisé un responsable des FDS.

« L’offensive terrestre des FDS a été très efficace », s’est félicité lundi le porte-parole de la coalition internationale, Sean Ryan. « Les FDS continuent d’adopter une approche méthodique pour rayer le dernier territoire contrôlé par Daech » de la carte, a-t-il affirmé à l’AFP.

Appel de l’OEI contre les Kurdes

Un porte-parole de l’OEI, Abi Hassan al-Mujahir, a de son côté posté lundi soir sur Instagram un enregistrement demandant aux partisans du groupe jihadiste de se mobiliser dans les zones tenues par les FDS, emmenées par des combattants kurdes.

L’assaut final des FDS, lancé le 9 février, a été à plusieurs reprises suspendu ou ralenti par l’évacuation de dizaines de milliers de personnes de la poche jihadiste. Durant le week-end, quelques dizaines de personnes ont été évacuées ou ont pris la fuite, mais le flot de départs a nettement diminué comparé aux semaines précédentes.

Depuis janvier, quelque 67 000 personnes ont déjà quitté l’enclave de l’OEI, dont 5 000 jihadistes arrêtés après leur reddition, selon les derniers chiffres des FDS. La plupart des évacués sont transférés vers le camp d’Al-Hol, dans le nord-est de la Syrie, où plus de 70 000 personnes sont entassées dans des conditions particulièrement rudes, selon l’ONG Comité de secours international (IRC). Quelque 3 500 personnes sont arrivées ces derniers jours, d’après l’ONG.

Dimanche, le porte-parole des FDS Kino Gabriel a affirmé que quelque « 5 000 personnes » se trouveraient encore dans le réduit jihadiste, et n’a pas voulu avancer de calendrier précis pour la fin de l’offensive.

Avertissement de Damas

L’OEI avait conquis en 2014 de vastes régions en Syrie et en Irak avant que son territoire ne se réduise comme peau de chagrin. Sa défaite à Bahgouz, face aux combattants kurdes et arabes des FDS soutenus par la coalition sous commandement américain, signerait la fin territoriale de son « califat ».

Les forces kurdes sont « la seule carte restante aux mains des Américains », a affirmé lundi le ministre syrien de la Défense Ali Abdallah Ayoub, en référence aux FDS. Il a averti que l’armée syrienne « libèrera » les zones sous contrôle des forces kurdes « par la force » ou par le biais d' »accords de réconciliation ».