Un sommet arabe en manque d’unité, sauf sur la question du Golan

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Les pays arabes réunis lors d’un sommet dimanche à Tunis n’ont pas atteint leur objectif d’unité, sauf sur le Golan. L’émir du Qatar, au cœur d’un contentieux diplomatique avec l’Arabie saoudite, a quitté prématurément le rendez-vous.

Réunis lors d’un sommet dimanche 31 mars à Tunis, les dirigeants arabes ont rejeté et dénoncé dans une déclaration finale la reconnaissance américaine de la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan, conquis à la Syrie en 1967 puis annexé en 1981. Ils n’ont cependant pas atteint leur objectif d’unité, l’émir du Qatar, au cœur d’un contentieux diplomatique avec l’Arabie saoudite, ayant quitté prématurément le rendez-vous.

Lundi, le président américain Donald Trump avait signé un décret reconnaissant la souveraineté d’Israël sur ce territoire, une reconnaissance « invalide et illégitime » selon une déclaration séparée des dirigeants arabes consacrée à la question.

« Il est vrai que l’Amérique est la plus forte force militaire dans le monde mais sa décision n’a absolument aucune valeur », a indiqué lors d’une conférence de presse le secrétaire général de la Ligue, Ahmed Aboul Ghei, à la fin de cette 30e session du sommet arabe.

Le sommet de Tunis a certes permis de rassembler le roi Salmane d’Arabie saoudite, reçu en grande pompe depuis jeudi, et l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, arrivé parmi les derniers dimanche matin. Mais le second a quitté prématurément les travaux l’après-midi, « après avoir assisté à la cérémonie d’ouverture », a indiqué l’agence officielle de l’émirat QNA, sans donner le motif de ce départ.

Le riche émirat gazier est au cœur d’un conflit diplomatique depuis juin 2017 qui l’oppose à plusieurs autres pays arabes, dont l’Arabie saoudite.

Le Qatar est soumis depuis juin 2017 à un blocus économique et diplomatique de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, de Bahreïn et de l’Égypte, qui ont rompu tout lien avec l’émirat.

Riyad et ses alliés accusent Doha de ne pas prendre assez de distance avec l’Iran, puissance régionale chiite rivale de l’Arabie saoudite sunnite, et de soutenir des groupes islamistes radicaux, ce que le Qatar nie. Aucune tentative de réconciliation n’a abouti à ce jour.

« Sommet de la honte »

Dans l’unique pays rescapé des Printemps arabes, des manifestants ont par ailleurs fait entendre leur voix dans les rues de la capitale tunisienne contre plusieurs dirigeants présents et les politiques qu’ils mettent en œuvre.

Lors d’un « contre-sommet » de la société civile, rediffusé sur la deuxième chaîne de la télévision nationale, des militants tunisiens des droits humains, mais aussi égyptiens, saoudiens ou encore marocains, ont appelé leurs dirigeants à lutter pour l’emploi et contre la corruption.

À l’appel de divers mouvements de gauche et nationalistes, une centaine de manifestants se sont en outre rassemblés sur l’avenue Bourguiba, la principale artère de Tunis.

Neuf rangées de policiers en tenue anti-émeutes leur ont barré fermement la route vers le Palais des congrès, où se déroulait le sommet.

« La rue appartient au peuple », « Sommet de la honte », ont scandé les manifestants, qui s’en sont en particulier pris au roi Salmane d’Arabie saoudite pour son « inaction » sur le dossier palestinien.

Certains manifestants ont brandi des portraits du président syrien Bachar al-Assad, scandant des slogans favorables à un retour de la Syrie au sein de la Ligue arabe, dont elle a été suspendue en 2011, après le début du conflit.

Seul pays à poursuivre sur la voie de la démocratisation après les soulèvements arabes de 2011, la Tunisie accueillait un sommet de la Ligue arabe pour la première fois depuis ces bouleversements.

Avec AFPfrance24