L’Italie se dote d’un nouveau gouvernement après un mois de crise

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Après une crise politique inédite, le Premier ministre italien, Giuseppe Conte et les membres de son nouveau gouvernement, qui réunit les sociaux-démocrates et le mouvement Cinq Étoiles, prête serment jeudi.
Après un mois d’une crise politique estivale inédite déclenchée par Matteo Salvini, l’Italie s’est dotée, mercredi 4 septembre, d’un nouveau gouvernement, qui se veut un savant équilibre entre les inclassables Cinq Étoiles et les sociaux-démocrates, de retour au pouvoir. Après avoir rencontré le président Sergio Mattarella, le Premier ministre Giuseppe Conte, reconduit à son poste, a annoncé la composition de son nouveau gouvernement, formé de sept femmes et quatorze hommes et dont l’extrême droite ne fait donc plus partie.
Le poste stratégique de ministre de l’Économie et des Finances a été confié à l’actuel président de la commission des Affaires économiques au Parlement européen Roberto Gualtieri, un membre éminent du Parti démocrate.
L’Italie, la troisième puissance de la zone euro, très endettée (132 % du PIB) et au bord de la récession, doit trouver des fonds pour éviter une hausse de la TVA l’an prochain. Rome a aussi entretenu des relations difficiles avec Bruxelles ces derniers mois et évité de justesse une procédure d’infraction pour déficit public excessif. Roberto Gualtieri sera aux avant-postes pour tenter d’obtenir un adoucissement des règles communautaires.
Luigi Di Maio aux Affaires étrangères
Jusqu’ici vice-Premier ministre et ministre du Développement économique, le chef du Mouvement 5 Étoiles (M5S), Luigi Di Maio, décroche le prestigieux portefeuille des Affaires étrangères. Un poste en forme de lot de consolation car il s’était montré déterminé ces derniers jours à conserver son fauteuil de numéro deux du gouvernement. Une femme, l’ex-préfète de Milan, Luciana Lamorgese, a été choisie pour la délicate tâche de succéder au ministère de l’Intérieur au chef de la Ligue, le souverainiste Matteo Salvini, qui a considérablement durci la politique de l’Italie à l’enconter des migrants et des ONG qui les aident.
Giuseppe Conte s’est attaché à former une équipe respectant l’équilibre entre deux forces politiques qui s’étaient jusqu’ici toujours combattues. Pour l’important poste de ministre de la Défense, il a nommé un poids lourd du Parti démocrate Lorenzo Guerini. Le Premier ministre a aussi propulsé la numéro deux du PD, Paola De Micheli, aux Infrastructures et aux Transports, et une autre femme, Nuncia Catalfo, au ministère du Travail, cette dernière y succédant à Luigi Di Maio.
« La stabilité de l’Italie est une valeur pour l’UE »
Autre homme fort du Parti démocrate, un temps pressenti pour être le vice-Premier ministre de Giuseppe Conte, Dario Franceschini retrouve le portefeuille de la Culture dont il était titulaire entre 2014 et 2018, dans des gouvernements de centre gauche dirigés successivement par Matteo Renzi, puis Paolo Gentiloni. Les Cinq étoiles conservent certains ministères comme la Justice (Alfonso Bonafede), l’Environnement (Sergio Costa) et le Développement économique (Stefano Patuanelli).
« La stabilité de l’Italie est une valeur pour l’Union européenne. Bon courage au nouveau gouvernement que nous attendons à Bruxelles », a écrit sur Twitter le président social-démocrate du Parlement européen, l’Italien David Sassoli. Le gouvernement Conte 2, né après la rupture, le 8 août, par Matteo Salvini d’une instable alliance avec le M5S, prêtera serment jeudi matin au Palais du Quirinal, le siège de la présidence de la République.

David Sassoli@EP_President

Italy’s stability is of importance to the EU. I wish the new government the best and look forward to meeting them in Brussels.

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8815:34 – 4 sept. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité34 personnes parlent à ce sujet
Un gouvernement « sans dignité, sans idéal »
Le gouvernement devra ensuite obtenir la confiance au Parlement : lundi à la Chambre des députés et mardi au Sénat, d’après les médias italiens. Selon des projections, la nouvelle coalition disposerait de 167 élus au Sénat (sur 315) et de 347 à la Chambre (sur 630), soit la majorité absolue dans chacune des assemblées.
« C’est un gouvernement né sur la peur de lâcher son fauteuil, sans dignité, sans idéal », a dénoncé Matteo Salvini, déjà parti en campagne pour essayer de le faire tomber avant la fin de la législature au printemps 2023.