Thiouraye, béthio, bin-bin la séduction « à la sénégalaise »

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Thiourayebéthiobin-bin et autres astuces intimes. Voici le petit manuel du sexe « à la sénégalaise ».

Faire brûler du thiouraye

D’abord, il y a les préparatifs. À commencer par l’odeur : il faut sentir bon et la maison aussi. Pour ça, les femmes font brûler des encens, les fameux thiouraye« C’est une façon tacite de dire à son conjoint qu’aujourd’hui, c’est quartier libre ! », plaisante Aïda Gueye.

Porter un beau bin-bin

On dit qu’ils font tourner la tête des hommes. Les bin-bin, des colliers de perles à mettre autour de la taille, se vendent en nombre sur les marchés de Dakar. Ils font « partie de la féminité », comme le souligne Aïda Gueye, avant de glisser un conseil : « Plus ils sont gros, plus ils font du bruit. Cest ça la séduction à la sénégalaise. On suscite l’envie du gars ! »

Entre béthio et lingerie, les hanches balancent

Les béthios, de petits pagnes, s’enfilent sous la tenue de ville. Certains représentent des scènes d’ébats ; d’autres cousus de grandes mailles sont si aérés qu’ils ne couvrent rien ou presque rien. Dans les armoires des femmes, les béthios côtoient une lingerie à la mode de plus en plus convoitée, achetée sur internet et via les réseaux sociaux.

Voici donc pour les indispensables.

Aïda n’a pas dit son dernier mot. Mais pour connaître des secrets bien gardés, les micros doivent être rangés. Dans son sac à trésors, du miel mentholé et de minuscules cristaux de menthe garantissent une fellation « du tonnerre ». La suite de la leçon reste interdite aux oreilles chastes et exclusivement réservée aux clientes de Madame Gueye. « On ne va pas vous révéler tous nos secrets quand même ! »

Reste le tabou ultime. Ce dont il ne faut surtout pas parler en public. Le plaisir solitaire. Là encore, Aïda a ce qu’il faut. Les sextoys, « en huis clos, les femmes les achètent », assure-t-elle.

Mais où sont les hommes ?

La séduction est une question de communication avant tout, d’après cette sexologue improvisée : « Il y a des astuces avec des petits jeux érotiques, pour savoir ce que le gars veut ou pas. »

Et les hommes dans tout ça ? Déploient-ils autant d’efforts pour accéder aux désirs de leurs épouses ? « C’est là où le bât blesse au Sénégal, admet Aïda Gueye. La femme a été forgée pour plaire au gars, mais les hommes ne sont pas éduqués comme ça. »

Revers de la médaille pour ces messieurs :  dans la chambre, c’est la femme qui gère ! « Les hommes sénégalais sont très fiers, affirme Aïda Gueye. Même s’ils sont dominés, ils ne vont pas le laisser paraître. »

« Tu domptes le gars pour pouvoir le manier à ta guise ! »

« Le jeu de la Sénégalaise, c’est qu’elle joue à la soumise, mais après dans la chambre c’est nous qui dictons les choses, on est au-dessus ! C’est un outil de pression sur le gars, ça marche de ouf ! »